Partager l'article ! histoire de l'abbaye de Valbenoîte: Vers la fin de l'ère carolingienne et le commencement de la dynastie cap ...
Vers la fin de l'ère carolingienne et le commencement de la dynastie capétienne, les ordres religieux prirent en France un prodigieux développement.
Dans le Forez, 4 abbayes furent fondées par les Bénédictins de Citeaux : La Bénisson-Dieu en 1138, Valbenoite en 1184, Bonlieu près de Montverdun en 1199 , et la Chartreuse de Sainte-Croix , en 1280.
L'abbaye de Bonnevaux en Dauphiné, fut fondée en 1117 , par Guy de Bourgogne , archevêque de Vienne , qui fut ensuite pape sous le nom de Calixte II . Dans les anciens documents , l'abbaye de Valbenoite (vallée bénite) est appelée fille de Bonnevaux. En effet dans la chartre de fondation en 1184, Guy II , comte de Forez, et son fils, en présence de Jean de Bellesmains, archevêque de Lyon, reçoivent sous leur garde et protection , le monastère de Valbenoîte , fondé dans l'alleu de Ponce de Saint-Priest. Ils déclarent qu'ils y sont autorisés par le roi de France et par le Papeet qu'ils le font à la prière d'abord d'Hugues , abbéde Bonnevaux et de Jean Maret , premier abbé de Valbenoite, et puis de Briand de Lavieu et de Ponce de Saint-Priest.
Ils donnent à l'Abbaye quinze cents sols pour la construction du monastère et le Mas des gouttes, avec ses dépendances . Ils reconnaissent que Briand de Lavieu et Ponce de Saint-Priest ont, en leur présence, donné au dit monastère, pour son usage, le droit de prendre du bois dans leurs forêts, de se servir des eaux et de faire paitre leurs troupeaux dans toutes leurs possessions.
Suivant les usages de l'ordre de citeaux , 12 religieux, sans compté l'abbé , furent désignés pour fonder l'abbaye de Valbenoîte. Ce nombre ne fut rarement atteint par la suite. A la fin du XVII è siècle il n'y avait plus que cinq moines et quatre dans le siècle suivant.
La première pierre de l'église de Valbenoîte fut posée en 1222 par Guy IV, comte de Forez. Cette église fut placée, selon la règle cistercienne , sous le patronnage de la Sainte Vierge. Le comte du Forez donna , à cette occasion, une chartre dite d'amortisation, confirmant les dons fait par son aïeul et son père à l'abbaye de Valbenôite. Chose digne de remarque, les Cisterciens , dévots serviteurs de Marie, furent , après la révolution ,remplacés par les Pères Maristes et à ceux-ci succédèrent les Frères Maristes qui ont établi, dans les murs de l'antique abbaye , une maison déducation.
L abbaye reçut une grange à Piéney , une autre à Graix. En 1195 , Guy , comte de Forez , et Renaud , archevêque de Lyon confirment la donation faite par Wilhelmine de Roussillon, de ce qu'elle possédait au Champ de L'orme , la grange de Beus ( Villeboeuf ), la rivière de furan entres deux et, d'autre part, le Mont Royal et le Mont Ferré et tout ce qu'elle possédait dans le mandement de Rochetaillée. En 1243, le 1er Novembre, Gaudemar II de Jarez , confirma la donnation faite par son prédécesseur à l'abbaye et de ses droits féodaux sur les Mas du Furet , des Forges, , de Planfoy , de la Gerbodière et du bois de Farouz . Le donnateur se réserve la haute justice , à cause de son chateau de Rochetaillée
Jacques de Jarez, fils et héritier de Gaudemar II , succéda à son père dans la seigneurie de Rochetaillée et épousa Béatrix, fille et héritière de Guy Pagan , seigneur d'Argental, dont dépendait le mandement de Grays. En cette double qualité, il passa avec Pierre de la Ferté, abbé de Valbenoite et ses moines , un traité relatif aux deux juridictions. " Pour le mandement de Grays, le seigneur d'Argebtal se réserve la haute justice, mais si le délinquant est puni pécuniairement , l'argent sera partagé à part égale entre le seigneur et l'abbaye. Si à la peine corporelle se joint confiscation , les biens confisqués appartiendront à l'abbaye. Les hommes de Jarez et Béatrix seront tenus de défendre les hommes de l'abbaye et leurs biens contre toutes personnes , exepté le roi de France et le comte de Forez.
En 1263 , l'abbé de Valbenoîte avait acquis du Seigneur de Saint-Priest le rente de Polignais.
Le 23 décembre 1360, Raymond de Bachers , abbé de Valbenoite , acquit de Briand de Saint-Priest , au prix de 200 livres tournois ( dont 20 sols valent un florin d'or) , toutes les dimes en froment, seigle , porcs, agneaux, veaux et offrandes appartenant au dit Seigneur et dues sur les fonds situés entre le chemin de Saint-Chamond à Firminy et à Saint Genest Malifaux.
En 1395 , Jean Maréchal de Saint-Priest donna à l'abbaye le domaine de la Cluzelle.
Le 7 janvier 1349 Etienne Badol de la Badolière , faisait donnation de ses biens . Ses biens consistaient en maisons, granges et jardins, champs terres cultivées , rivières , arbres....
Le 2 juillet 1389 , Guy seigneur de Saint-Priest, donna à l'abbaye dix livres de revenu annuel pour la célébration d'une messe quotidienne dans sa chapelle , en l'église de Valbenoîte et pour une procession sur sa tombe, au jour anniversaire de son décès.
Jeanne de Bressolles donna , en 1414, sa grange d'Ollières aux moines.
Telle a été l'origine des possessions territoriales et des droits seigneuraux de l'abbaye de Valbenoîte.
Testaments au profits de l'abbaye
Renaud comte de Forez, dans son testament du 18 juin 1270, lègue à l'abbaye de Valbenoîte 40 livres viennois , dont la rente sera consacrée à son anniversaire perpétuel.
C'est dans la chapelle, dédiée au sacré Coeur ,qu'étaient les tombeaux des seigneurs de Jarez et des Durgel, seigneurs de St-Priest et de St chamond. On voit encore dans la chapelle de la Sainte Vierge, les pierres tombales des derniers seigneurs de la Valette .
Guichard Durgel, fils de Guichard seigneur de Saint Priest, le 30 Mars 1308 , lègue au monastère de Valbenoîte , pour son anniversaire , une rente annuelle de 100 sols, petite monnaie. Il ordonne à son frère , héritier universel , de faire construire à La Saula, près de l'enceinte du château de Saint-Priest, une chapelle suivant les intentions de feue Marguerite, dame de Saint-Priest , leur mère. Cette chapelle devint paroissiale à la destruction du château de Saint-Priest . Elle fut remplacée en 1851 , par une nouvelle église , plus centrale, et stupidement démolie , en 1887, par ordre de la municipalité de Saint-Priest.
Joceran ii Durgel, seigneur de Saint-Priest, frère de Guichard , le 21 Octobre 1310, élit sa sépulture dans l'église de Valbenoîte et veut qu'il soit appelé 120 prêtres à son enterrement , à chacun desquels il sera donné 6 sols viennois avec une réfection convenable. Il donne pour celà 30 livres viennois et lègue à Humbert Durgel, moine à Valbenoîte, une rente viagère annuelle de 60 sols viennois, tant qu'il demeure à l'abbaye.
Guy de Saint-Priest, dans son testament du 20 Février 1416, ordonne qu'il soit employé 4 quintaux de cire pour le luminaire du jour de sa sépulture , que 4 pauvres de Jésus -Christ, vétus de noir, portent une torche ardente à chaque coin de son cercueil, et que ce cercueil soit recouvert d'un drap d'or entouré de ses armes, qui appartiendra ensuite à l'abbaye de Valbenoîte.
Les moines figurent comme témoins, surtout pendant les 3 premiers siècles de l' Abbaye, dans un grand nombre d'actes de transaction, de vente, de mariage, ou de testaments concernant des familles de laboureurs, de tenanciers et de forgerons.
En l'année 1357, le Forez fut envahi par des bandes anglaises et navaraises, commandées par Robert Knolle. Le comte de Forez Guy VII et Rebaud son frère se soignirent à Beraud , Dauphin d'Auvergne , pour les repousser.
Les 2 armées se retrouvèrent un jour en présence, n'ayant entre elles qu'une prairie de 12 arpents. La journée se passa en joutes et combats . Le comte de Forez et le dauphin d'Auvergne étaient résolus à attaquer Robert Knolle à minuit; mais celui-ci voyant l'attitude énergique des Français , se retira à grande hâte et sortant de l'Auvergne fit retraite sur Limoges.
Mais, 2 ans après, l'abbaye de Valbenoîte fut mise à sac, sous l'abbé Raymond de Bachers, et le 19 juillet , jour de la Sainte Marguerite, la ville de Montbrison fut incendiée par les Anglais.
La destruction de l'abbaye fut si complète que l'abbé Hugues de Thorenche, successeur de Raymond de Bachers, n'y trouva que 4 religieux au lieu de 12 et l'état des batiments étaient tel que ces 4 religieux étaient obligés, par crainte des gens de guerre, d'errer dans divers lieux et suspendre le service divin. Hugues de thorenche s'adressa à Jeanne de Bourbon, comtesse douairière du Forez, pour obtenir des lettres de concession, afin de réédifier et de fortifier l'abbaye.La comtesse donna, le 24 juin 1373, les lettres demandées et nomma 3 commissaires: Humbert Durgel, chevalier, Jean des Rues, capitaine de Montbrison, et Guillaume de Salamard , châtelain de la Tour en Jarez , avec mission de se rendre à Valbenoîte et d'examiner le meilleur moyen d'établir les fortifications demandées.
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